TEST- Uncharted 4 : A Thief’s End – Une Fin Royale

Initiée en 2007 sur PlayStation 3, la saga Uncharted a rapidement connu le succès : un succès mérité, justifié à mesure que la qualité des titres parus se faisait de plus en plus évidente ; au point de devenir en 5 ans à peine une licence culte aux qualités indéniables.

Nathan Drake s’était pourtant fait discret depuis la sortie d’Uncharted 3. Un épisode « bonus » développé par Sony Bend qui avait fait son apparition en 2012 pour le line-up de feue la PS Vita, mais depuis lors, rien.

Il faut dire que Naughty Dog était occupé à nous préparer rien de moins qu’un des jeux de l’année 2013 : The Last of Us. Une nouvelle IP très différente d’Uncharted en terme de ton, d’ambiance et de gameplay, mais à la réalisation hors pair, qui fit entrer le studio Californien dans une toute nouvelle ère.

Fort de cet inattaquable succès, Naughty Dog s’est focalisé de nouveau sur sa licence phare pour nous livrer en ce mois de mai Uncharted 4 : A Thief’s End, un titre qui saura – lui aussi – rester dans les mémoires. 

L’Aventure d’un aventurier retraité

 

Uncharted 4 commence sur les chapeaux de roues avec une course poursuite effrénée et un passage retentissant dans une prison Panaméenne, mais cela n’empêche pas le titre de se réserver des séquences bien plus calmes, axées sur la narration et la mise en place d’un contexte précis.

On y découvre un Nathan Drake qui a raccroché les Colts, et qui se voue désormais à une vie pépère. Notre aventurier de l’extrême travaille dans une entreprise, il s’est marié avec Elena Fisher – qui a laissé tomber les reportages pour l’écriture de guides touristiques – et nos deux tourtereaux vivent paisiblement dans une maison des plus désordonnée.

Une vie ordinaire parfaitement mise en scène par les développeurs de Naughty Dog qui ont – grâce à l’expérience TLOU – gagné en assurance ainsi qu’en maîtrise sur le plan de la construction narrative. Le titre prend le temps de raconter son histoire, et cela se ressent tout au long de l’aventure où les passages haletants sont fréquemment suivis de parenthèses narratives, visant à apporter une profondeur nouvelle à la saga en terme de déroulement scénaristique.

Et si le scénario d’Uncharted 4 reste simple il bénéficie d’un cadre géré d’une main de maître, permettant au joueur de redécouvrir les personnages clés de la saga qui ont eux aussi pris en épaisseur.

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Nathan Drake n’aura d’ailleurs jamais été aussi humain que dans cet opus, on incarne un héros en proie aux doutes et à l’échec, qui ne manquera pas d’ironiser sur sa situation sans pour autant perdre de son humour, un humour que le soft ne perd pas non plus – au contraire – il est ici sublimé en étant placé dans un contexte plus travaillé mais aussi plus subtil.

Le tout est donc mieux amené que par le passé, ce qui confère au titre un relief des plus appréciables, faisant de lui l’épisode le plus soigné de la saga sur le plan narratif.

Mais revenons à notre ami Nathan et à sa vie paisible et monotone, qui se trouve interrompue par la visite inopinée de son grand-frère Sam, censé manger les pissenlits par la racine depuis quinze ans. C’est cette visite qui lance véritablement l’aventure, une épopée des plus mouvementée, sur les traces du célèbre forban Henry Avery et de son fabuleux butin. 

Un Voyage inattendu

 

La quête des deux frangins les amènera à bourlinguer à travers le globe en passant par l’Italie, et l’Écosse avant de se poser à Madagascar où se déroule le gros de l’aventure.

Commençons par dire que comme chaque épisode de la saga Uncharted 4 marque un véritable bond en avant en terme de qualité graphique, tout y est soigné que ce soit les textures (particulièrement fines), les animations, les effets météo (vent, pluie battante…), ou encore les effets de lumière. Le titre ne souffre d’aucun défaut sur le plan visuel, et conjugue la beauté technique à la minutie et à un sens du détail quasi manique, preuve s’il en faut, que Naughty Dog est un de ces studios qui mérite l’éloge.

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Au cours de cette aventure, on se prend une baffe à chaque chapitre, et l’on se pose une question plus d’une fois, et à juste titre : comment ont-ils fait ?

Le bond est tel, que les autres studios auront dorénavant bien du mal à justifier la sortie de titres moins racés graphiquement, moins fluides, et ne parvenant pas à proposer une expérience convaincante en 1080p / 30 fps.

Car oui, en plus d’être être l’un des plus beaux jeux de la génération (si ce n’est LE plus beau), Uncharted 4 est d’une fluidité à toute épreuve – ou presque – seules quelques séquences particulièrement mouvementées feront toussoter un peu trop la pauvre PS4, qui crache toutes ses tripes dans cette épopée.

Une chose est certaine, Uncharted 4 fera désormais jurisprudence sur le plan technique.

Libertalia

 

Rejoints en cours de route par Sully, Nathan et Sam – toujours sur les traces d’Henry Avery – seront amenés à découvrir l’utopique cité pirate Libertalia, qui ne porte finalement pas si bien sont nom. Un nom qui aurait pu en revanche correspondre au gameplay qui gagne – vous l’aurez compris – en liberté.

Nous l’avons dit le gros de l’aventure se déroulera chez les malgaches, où il sera par ailleurs possible d’apprécier l’effort fourni par les développeurs pour nous proposer des environnements plus ouverts que par le passé. Fini les niveaux couloirs, il est maintenant possible de fureter à l’envie, mais seulement pour le plaisir. Ce sera peut-être le bémol à apporter : les niveaux les plus ouverts sont soignés, mais relativement vides – en même temps nous ne sommes pas dans un open world, et le jeu ne manque pas de se rattraper côté contenu, loin de là.

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A défaut d’être réinventé le gameplay a été fluidifié et les p’tits gars de Naughty Dog ont même implémenté quelques nouveautés qui auront le mérite de fournir au joueur une plus grande liberté de mouvement.

Comme évoqué, les niveaux sont plus ouverts, et cela permet de varier les approches que ce soit en phases d’escalade ou de combat. On notera notamment l’apparition d’un grappin (accessoire décidément à la mode ces derniers temps), qui se trouve assez bien exploité dans Uncharted 4. Ce dernier sera évidemment utile pour escalader, ou déplacer certains objets, mais se révélera tout aussi pratique pour prendre l’avantage sur vos ennemis en les contournant ou en cas d’un besoin urgent de battre en retraite face à l’adversité. 

La Castagne, ça vous gagne !

 

Et effectivement de l’adversité vous en aurez, le soft ne renie pas ses aînés pour ce qui est de la difficulté, les gunfights sont nerveux et particulièrement exigeants, surtout lorsque vous aurez à faire à des ennemis ameutés par dizaines pour vous faire la peau. D’ailleurs on notera que le feeling des armes a été réajusté et semble plus réaliste, à l’image de ce que l’on a connu dans The Last of Us – une bonne chose. Cependant si vous êtes du genre sneaky, sachez que vous pourrez aborder ces phases de combat avec doigté et privilégier l’infiltration

Une bonne idée en soit, d’autant que le gameplay s’y prête assez bien, dommage qu’elle soit restée à un stade embryonnaire : impossible par exemple de cacher un corps, ou d’utiliser un silencieux, dans ces conditions difficile d’être totalement discret, et il sera compliqué de ne pas déclencher tôt ou tard un déluge de balles sifflantes. Il sera également difficile de ne pas épingler l’IA du jeu qui se montre extrêmement coriace en cas de conflit ouvert (avec toujours une propension à ne prendre que vous pour cible et pas vos petits camarades), et bête à bouffer du foin si vous voulez la jouer discrète.

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Mais que serait Uncharted sans ses énigmes ? Rassurez-vous, elles sont toujours de la partie même si on les aurait aimé un peu plus corsées. Ces dernières ne se montreront jamais bien compliquées, c’est plutôt le temps qu’il faudra pour résoudre certaines d’entre elles qui mettra vos nerfs à rude épreuve. La faute à certaines mécaniques un chouia répétitives qui viendront ralentir inutilement le processus de résolution.

On ressent d’ailleurs souvent ce besoin que les développeurs ont eu de ralentir les choses. Car si effectivement le dernier né de Naughty Dog prend le temps de raconter son histoire, il faut avouer que certains passages souffrent de la comparaison avec d’autres, en proposant des séquences qui semblent avoir été délibérément rallongées, peut-être une volonté de la part des développeurs de pondérer les choses, ou une difficulté de laisser dernière eux une licence à laquelle ils sont forcément attachés. 

Dire au revoir et se sevrer doucement

 

Il est clair que même en tant que simple joueur il est difficile de dire au revoir à une pareille saga. Pourtant une chose est claire, cet adieu se faire en douceur et de la plus belle des manières, déjà parce que le jeu n’est pas expédié en quelques heures, loin de là, et parce que le finish est parfaitement maîtrisé (si l’on excepte le combat final prenant la forme -et c’est dommage- d’une série de QTE déguisés).

Dans tous les cas, le titre de Naughty Dog bénéficie d’une très jolie durée de vie, équivalente à celle d’Uncharted 3 (entre 15 et 20 heures suivant le niveau de difficulté choisi). Ajoutez à cela un potentiel de rejouabilité si vous désirez récupérer tous les collectibles ainsi qu’un mode multi anecdotique mais qui a le mérite d’exister, et vous obtenez de quoi vous occuper des jours durant.

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Terminons avec un mot sur la bande son du soft et ses doublages. Les compositions sont de grande qualité et accompagnent toujours l’action de manière efficace, on mentionnera par ailleurs que le thème principal de la série a été réorchestré. Un dépoussiérage audio du plus bel effet.

Côté doublages rien à redire non plus, au contraire. Les voix françaises sont d’excellente facture, chose rare et la V.O pour sa part est impeccable, le Duo Nolan North (Nathan Drake) / Troy Baker (Sam Drake) fonctionnant à merveille.


Uncharted 4 est l’un de ces jeux qui s’érige sans mal comme une référence absolue dans son genre. Ce quatrième et dernier volet synthétise et sublime absolument tout ce qui a fait le charme de la saga et y apporte une conclusion idéale, grâce à une aventure plus riche, plus belle et plus inspirée, surclassant toutes les autres – à tous les niveaux.


Les plus :

– Une narration bien mieux maîtrisée que par le passé

– Le duo Nathan & Sam

– L’influence positive de The Last of Us sur le titre

– Nouveau mètre étalon graphique sur consoles

– Gameplay fluidifié et ajusté

– Environnements plus ouverts

Les moins :

– L’IA parfois nœud-nœud

– Phases d’infiltration trop limitées

– Des énigmes souvent simplistes

– Un combat final à base de QTE déguisés

– Le mode multijoueurs anecdotique


Les Notes :

Graphismes & Technique: 19/20

Gameplay : 18/20

Durée de vie : 17/20

Bande son : 18/20

Scénario & Écriture : 18/20

Verdict : 19/20


Nathan

Geek dans l'âme et curieux de nature, Nathan est mordu d'Histoire avec un grand H et de Rock avec un grand R.

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