TEST – Hitman (Pack Intro), 47 ways to die

L’industrie du jeu vidéo est en constante mutation, et ces dernières années ont ainsi été marquées par l’apparition de nouvelles offres. Les DLC sont arrivés sur PC – d’abord – au moyen des fameuses « extensions », mais ne sont vraiment rentrés dans les mœurs vidéo-ludiques qu’avec la précédente génération de consoles. Ils sont alors devenus un incontournable pour prolonger l’expérience de jeu.

Plus récemment, ce sont les jeux au format épisodique, popularisés par Telltale notamment, qui ont fait parler d’eux. Si la qualité des titres du studio est rarement à remettre en cause, leur format, en revanche, n’a pas toujours fait l’unanimité.

C’est justement sous l’égide épisodique que nous retrouvons notre bon vieux 47 dans une aventure fragmentée qui revient sur ses débuts en tant que tueur à gage.

Une chose est sure, Square Enix a surpris tout le monde en annonçant un tel format pour sa licence. La communication a d’ailleurs été plutôt hasardeuse, et le modèle économique a changé en cours de route pour finalement proposer une offre « Pack Intro » à 12,99€ qui sera à compléter si désiré par un « Upgrade Pack » à 39,99€.

Il est toutefois possible d’acheter le jeu dans son entier pour la modique somme de 49,99€.

Un menu tarifaire simplifié, qui reste tout de même déroutant pour une licence habituellement vendue de manière traditionnelle ; et qui ne fera pas que des heureux, c’est certain.

Le Bonheur est dans le crime

Trêve de billevesées, que trouve t-on dans ce Pack d’introduction ? Eh bien pas grand-chose.

Ce premier morceau de l’aventure est composé de trois missions dont deux sont en réalité de gros tutoriels, qu’un habitué du tueur chauve expédiera en 1h30 grand maximum.

C’est la dernière et seule véritable mission qui retiendra ici notre attention. Il s’agit d’un double contrat visant à mettre hors d’état de nuire deux grandes figures de la haute couture, le tout durant la fashion week de Paris, s’il vous plaît.

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Dès les premières minutes de jeu on prend conscience que la volonté des développeurs d’IO Interactive, est de revenir à une expérience de jeu plus proche de celle des anciens Hitman. On se surprend donc à retrouver des vieilles habitudes de jeu prises dans Blood Money ou Contracts : se balader dans l’environnement, fureter à la recherche d’une opportunité, et planifier son passage à l’acte. Un retour aux sources plus que bien vu, qui ne perd pas pour autant les acquis d’Absolution en terme de maniabilité et de souplesse du gameplay.

Si ce Hitman cuvée 2016 s’inspire de ses aînés, il n’oublie pas d’innover. En effet, un tout nouveau système d’opportunité fait son apparition. Cette fonction (désactivable pour une expérience plus corsée) permet au joueur d’avoir un aperçu des différentes possibilités pour atteindre son objectif. Les principales seront accessibles via le menu pause dès le début de la mission, mais pour plus d’approches il faudra parcourir le niveau, se mêler à la foule, écouter les conversations des gardes ou des employés, bref prendre le temps de préparer son coup.

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Ce nouveau système est une vraie bonne nouvelle pour les novices, pour qui le titre sera nettement plus accessible et « ludique » que ses prédécesseurs. D’ailleurs le gameplay à été simplifiée (lorsqu’il le fallait) et ajusté (comme il le fallait), on pense notamment à la nouvelle gestion des costumes : fini les séquences de slalom et de cache cache pour éviter d’être repéré bêtement en portant un uniforme, ici seuls certains PNJ (signalés sobrement par un point blanc au dessus du crane) seront à éviter pour ne pas être identifié, ce qui est à la fois plus crédible (tous les policiers ne vous reconnaîtront pas si vous portez un uniforme de police, par exemple) et plus praticable pour le joueur.

Il conviendra toutefois de préciser que les aides proposées sont désactivables pour rendre le jeu agréable à tous. Du néophyte à l’habitué, tout le monde y trouvera son compte grâce à une difficulté réglable à l’envie.

Les remaniements touchent aussi le système de sauvegardes, qui ne s’articule plus autour de points de passage comme dans Absolution. Le joueur a la possibilité de sauvegarder manuellement quand bon lui semble, et ce, en plus des sauvegardes automatiques créées lors des moments clés de la progression.

Petit bémol en revanche : les sauvegardes en lignes sont séparées de leurs homologues locales. Cela posera problème si vous avez commencé votre partie en ligne et que vous voulez continuer en local (personne n’est à l’abri d’une coupure internet, ou de connexion aux serveurs, dont la qualité est fluctuante). Vous ne pourrez pas compter sur vos précédentes saves, ces dernières n’étant présentes que sur le serveur de Square Enix. Il faudra soit tout recommencer hors ligne, soit attendre de reprendre online.

Le Diable s’habille en Sanguine

Comme évoqué plus haut la mission parisienne sera la seule réellement digne d’intérêt dans ce pack d’intro. Elle bénéficie donc d’un soin tout particulier, le niveau est grand (explorable sans chargements) et fourmille de petits détails amusants à observer. On notera que la foule est particulièrement bien réussie dans cet opus, elle se montre très dense (le nombre de PNJ au mètre carré est impressionnant) et chaque personnage est modélisé avec soin.

D’ailleurs côté graphismes Hitman s’en sort très bien, et se révèle même très joli par moment. Malheureusement on ne retrouvera pas (du moins dans cette première partie du jeu) le charme des environnements d’Absolution, qui avaient tous une ambiance très particulière. Ici tout semble beaucoup plus neutre, beaucoup plus froid, à l’instar des anciens titres de la licence.

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Le titre semble moins caricatural que les précédents Hitman, et s’offre un scénario qui met l’eau à la bouche. On y incarne un 47 qui débute dans le métier et qui doit faire ses preuves, sur fond de complot entre grands de ce monde. Il faudra voir si l’intrigue tient la distance, mais en l’état ça fonctionne plutôt bien.

Un mot sur la bande son correcte de cet épisode, si les compositions sont très discrètes, les doublages (uniquement anglais sous-titrés français) sont de qualité, il en va de même pour les bruitages qui se révèlent plutôt léchés, conférant au jeu une belle ambiance sonore.

En réalité on ressort de cette expérience de jeu plutôt convaincu, même s’il faut tout de même reconnaître que le jeu n’est pas exempt de défauts.

L’IA n’est clairement pas à la hauteur, et aura des réactions carrément ridicules s’il vous prenait l’envie de tirer dans le tas. Elle s’en sortira à peine mieux lorsque vous êtes discret en alternant des comportements tantôt agressifs, tantôt permissifs à l’excès. Il serait grand temps que les développeurs (pas seulement d’IO) se penche sur cette question qui devient récurrente dans bon nombre de soft actuels.

Enfin, les plus difficiles pourront râler sur le fait que dans l’absolu le gameplay, malgré quelques jolies nouveautés, ne change pas des masses et conserve certaines mécaniques un poil désuètes comme les routines de vos cibles, qui répéteront inlassablement leurs activités en boucle tant que vous ne les aurez pas abattues. N’est-il pas possible de trouver mieux en 2016 ?

Hitman nous permet au travers de son pack d’introduction, d’entrer dans un monde de l’assassinat maîtrisé. A défaut de réinventer leur licence phare, les Danois d’IO Interactive parviennent sans mal à relancer une machine qui a fait ses preuves en y ajoutant quelques nouveautés bienvenues. Si l’on saluera volontiers le gameplay bien rodé du titre, ainsi que son esthétique flatteuse, on ne pourra que pester contre la durée de vie faiblarde de cette mise en bouche, dotée en outre, d’une IA indigne d’un AAA actuel.

Les Plus

– Le retour aux sources salutaire

– Soigné sur le plan esthétique

– Le système d’opportunité

– Un scénario prometteur ?

Les Moins

– Une IA indigne

– La durée de vie faiblarde

– Le découpage épisodique

– Un seul niveau réellement valable

Les Notes :

Graphismes & Technique: 16/20

Gameplay : 16/20

Durée de vie : 10/20

Bande son : 14/20

Scénario & Écriture : 15/20

Verdict : 15/20

Nathan

Geek dans l'âme et curieux de nature, Nathan est mordu d'Histoire avec un grand H et de Rock avec un grand R.

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