TEST – Rise of the Tomb Raider : Du réchauffé dans le froid Sibérien

 Après un reboot en 2013, qui avait permis à notre exploratrice préférée de reprendre des couleurs, les développeurs californiens de Crystal Dynamics remettent le couvert avec une suite directe mettant en scène une Lara endurcie par ses péripéties passées. Reprenant les recherches de son père, la belle intrépide se met en quête de la source divine, un puissant artefact conférant l’immortalité à son détenteur.

Ce n’est pas toujours dans les vieux pots qu’on fait les meilleures confitures

Le Reboot de Tomb Raider avait été un succès à la fois critique et publique grâce à une formule rajeunissante qui redonnait un peps nouveau à une série en perte de vitesse. On y incarnait une Lara toute candide qui allait souffrir le martyr et apprendre de ses faux pas pour devenir une survivante, pour devenir Lara Croft, tout simplement.

Rise of the Tomb Raider de son côté, reprend la formule qui a fait ses preuves en y ajoutant quelques nouveautés très timides qui ne changent pas la donne.

On retrouve donc la même structure que le jeu précédant tant au niveau narratif, avec l’alternance de moments forts et de passages au rythme plus posé ; qu’au niveau de la progression, toujours articulée autour de l’acquisition d’accessoires, débloquant l’accès à de nouvelles zones de la map.

Que dire de la map justement ? Eh bien qu’elle est un peu plus étendue que son homologue de 2013, tout en restant divisée en espaces, tantôt ouverts, tantôt typés couloirs.

Ces derniers se révèlent particulièrement soignés au niveau artistique, en proposant des panoramas variés allant des paysages enneigés marqués par l’aire soviétique, aux vastes forêts de conifères.

Côté gameplay, rien de nouveau sous le soleil, Rise of the Tomb Raider hérite des qualités de son aîné, mais aussi de ses défauts, avec une jouabilité et un feeling en tout point identique au premier opus.

Si le dynamisme est toujours là, ce n’est pas le cas de l’effet de surprise qui a totalement disparu, laissant le joueur face à un titre qui, sur ce point, sent clairement le réchauffé.

Par ailleurs, les mécaniques de jeu n’ont pas été ajustées. Mlle Croft aura, par exemple, toujours autant de mal à s’accrocher correctement après certains sauts, ce qui peu vite devenir agaçant.

On comptera malgré tout quelques petites nouveautés dont le retour des tombeaux, plus nombreux qu’avant, et plus proches de ceux des anciens épisodes. Ces derniers sont dotés d’énigmes que l’on aurait aimé plus corsées, mais qui font le job, ajoutant quelques heures de réflexion à un solo copieux (comptez environ 15 heures pour le boucler), mais résolument porté sur l’action.

Toujours au rayon des  »innovations », on pourra noter l’apparition de PNJ, susceptibles de vous confier des quêtes annexes qui ne se révèlent jamais trépidantes. Peu nombreuses et dotées d’un intérêt tout relatif, ces quêtes font partie des nouveautés dérisoires de cet opus.

Un système de craft à la volée, similaire à celui de The Last of Us est aussi sur la liste des ajouts. Crafter des cocktails molotov, des grenades artisanales ou encore des flèches spéciales, n’a jamais été aussi facile… et superflu, puisque Lara ne se trouvera jamais à court de munition, bien au contraire. D’ailleurs il sera possible de terminer le jeu sans trop s’embêter à crafter ou upgrader ses armes et équipements, ce qui en dit long sur la pertinence de ces fonctions, qui semblent souvent faire office de remplissage.

Enfin, on aura droit à du nouveau matos, comme un grappin de fortune, permettant de franchir des gouffres en un claquement de doigt ou des flèches permettant de d’escalader certaines surfaces en particulier.

Rien de bien novateur pour ce qui est du gameplay, le manque d’idées neuves est même assez flagrant.

Sur les traces de papa Croft

Lara a bien grandi depuis son excursion au Yamatai, et c’est tout naturellement qu’une fois rentré au bercail, elle reprend les recherches de feu son père, recherches qui avaient poussé Lord Croft à se donner la mort, sa réputation ruinée en tentant de trouver la mythique source divine.

La belle Lara n’est pas seule sur les traces de cet artefact, elle est saccompagnée de Jonah, un de ses anciens compagnons d’infortune, bien décidé à lui filer un coup de main;s mais aussi des Trinitaires, groupuscule de chrétiens fanatiques, bien décidés à talonner l’exploratrice, dans l’espoir de faire main basse sur la relique.

L’aventure commence en Syrie avant de se poursuivre plus au nord, en Sibérie, où se déroulera le gros des événements.

Chaque lieu s’intègre bien dans le scénario et paraît avoir une histoire à raconter, pour peu que le joueur prenne le temps de flâner un peu dans ces environnements.

Concernant le scénario, c’est mou (n’ayons pas peur des mots), la faute à des révélations très peu nombreuses, et à un rythme mal géré.

Quelques moments forts viendront ponctuer l’aventure, comme c’était le cas avant, mais là aussi ça sent le réchauffé. On retrouve globalement la plupart des grandes figures (les gardiens de Kitej sont étrangement semblables au Samouraïs du Yamatai…), et des ficelles scénaristiques du premier volet. L’aventure finit tout bonnement par tourner en rond au bout de quelques heures. Dommage, l’idée de départ était intéressante.

Si le scénario s’avère assez plat il dresse au moins une jolie galerie de personnages secondaires, nettement mieux écrits que par le passé. Mention spéciale à Constantine et sa sœur, qui se révèlent être un duo de méchants plutôt convaincants.

Beauté intérieure

Sorti à l’origine sur Xbox One au mois de novembre (en exclusivité temporaire s’il vous plaît), Rise of the Tomb Raider se trouvait être porté par une réalisation graphique de haute volée, faisant de lui un des plus beau titre du catalogue Xbox. Malgré tout les extérieurs se montraient moins détaillés que les intérieurs et le framerate avait tendance à toussoter un peu trop par moment.

Est-ce toujours le cas sur la mouture PC du titre ? Oui et non…

Comme pour de nombreux jeux, tout dépend de votre machine, ROTTR a la chance de bénéficier d’un portage PC de qualité, entendez par là qu’un large panel de réglages permet de faire tourner le jeu sur une machine relativement modeste, au prix de concessions en terme de rendu, évidemment.

En revanche, « faire tourner le jeu à fond » nécessitera une (très) grosse config, puisque même sur un PC haut de gamme, le framerate s’avérera instable en extérieur, la faute – entre autre – à des textures très gourmandes en mémoire (RAM et VRAM).

Concrètement, sur une machine performante, le jeu parvient sans mal à nous maintenir bouche bée dans les séquences en intérieur. Le framerate y est stable, et le niveau de détail assez bluffant, avec des textures très soignées et des effets de lumière à tomber à la renverse. En extérieur, on se surprend parfois à ne pas reconnaître le jeu, certains environnements mettent le framerate à genoux, avec des saccades qui subsistent malgré les différents réglages. Les textures se révèlent très passables, et parfois même assez laides, avec en prime un aliasing assez prononcé et un clipping trop visible.

Le tout est heureusement rattrapé par la direction artistique qui ne déçoit jamais ainsi que par la modélisation et l’animation sans faille de notre héroïne, qui semble plus vivante que jamais.

Il conviendra de noter qu’en dépit ses capacité limitées, la Xbox One n’a pas à rougir de sa prestation sur le plan technique. Elle propose une expérience visuelle tout à fait convaincante, même face à des PC nettement plus performants qu’elle, qui auront toutefois le mérite de rendre le soft un peu plus fin visuellement et surtout plus fluide.

Rappelons par ailleurs que le soft est attendu sur PS4 pour la fin d’année 2016, espérons que cette version n’arrivera pas après la guerre.

Un dernier mot sur la bande-son du jeu, elle se fait plus discrète et dans l’ensemble moins inspirée que celle de l’épisode précédant. Jason Graves, n’est plus aux commandes et ça s’entend, ses compositions puissantes ne sont plus de la partie, malheureusement.

Enfin on ne pourra que se lasser du doublage français, et plus particulièrement de la performance d’Alice David, qui n’arrive jamais à parler sans être à bout de souffle. Par chance la VO est disponible sur la version PC, une véritable aubaine pour les anglophones.

Sortie de route pour la plus belle anglaise du jeu vidéo. Rise of the Tomb Raider, s’égare en voulant trop en faire, à moindre coût. Le manque d’audace, d’inventivité et de piquant, plombe un titre qui aurait pu faire mouche, s’il avait sublimé ce qui faisait la force de la licence. A la place, les développeurs ont préféré s’inspirer des open-world à succès, et leur soft en a pris les stigmates. Malgré tout, on prendra plaisir à incarner une fois de plus Lara Croft, dans une aventure qui offre quelques moments de grâce, avant de retourner se terrer dans le banal, non sans une certaine complaisance.

Les Notes

Graphismes & Technique: 7/10

Gameplay : 6/10

Durée de vie : 7/10

Bande son : 6/10

Scénario & Écriture : 6/10

Verdict : 6/10

Nathan

Geek dans l'âme et curieux de nature, Nathan est mordu d'Histoire avec un grand H et de Rock avec un grand R.

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