TEST – Call of Duty Black Ops 3 : Bombe atomique, ou pétard mouillé ?

Au fil des années, le retour hivernal de la franchise guerrière d’Activision suscite plus de méfiance que d’attente pour les joueurs. La machine Call of Duty est pourtant bien huilée avec pas moins de trois studios chargés, tour à tour, de livrer un épisode par an. Cette année c’est donc à Treyarch de reprendre le flambeau après un  »Advanced Warfare » largué par Sledgehammer l’an dernier.

Black Ops 3e du nom continue sur la lancée de black Ops 2, et nous propose une nouvelle aventure futuriste agrémentée de complots et coup bas, auxquels notre héros mettra fin à grand renfort de bastos.

Faire parler la poudre

Comme chaque année, Call of Duty nous propose une campagne solo. Si la célèbre série d’Activision n’était pas vraiment reconnue pour ses scenarii, les Black Ops offraient des aventures à la narration soignée. L’intrigue du premier opus prenait place durant la guerre froide – contexte rarement traité dans les jeux vidéo – et celle du second épisode nous propulsait dans un futur proche en lien direct avec certains événements ayant eu lieu sous l’ère Reagan, jouables au moyen de flash-backs. Ces deux campagnes se montraient fort plaisantes et avaient le mérite de soulever certaines questions quant à la politique militaire américaine durant les années houleuses de la guerre froide.

Ce n’est plus le cas dans l’opus qui nous intéresse, qui n’a que le nom en commun avec les précédents épisodes. On hérite ici d’une aventure fade d’un bout à l’autre, dans laquelle on finira par tirer à vue sans trop savoir de quoi il retourne. L’intrigue surfe sur la vague du thriller technologique, et ne cache pas ses sources d’inspiration ( »Inception » et les films de Neill Blomkamp, notamment). Malheureusement le tout se prend vite les pieds dans le tapis pour accoucher de séquences de grand n’importe quoi, où la cohérence semble optionnelle. Cette sensation d’avoir à faire à un solo bas du front est renforcée par des répliques à l’intensité dramatique plus que limitée et par des doublages français gutturaux, rarement dans le ton.

Profitons-en pour épingler la bande son fainéante de cet opus, si les bruitages sont corrects, on ne pourra que critiquer les mélodies, trop souvent calquées sur des sonorités électro peu inspirées.

La difficulté quant à elle, a été revue à la baisse, et seul le nombre d’ennemis nous donnera du fil à retordre, leur IA étant plus que sujette à caution. Enfin difficile de ne pas pester contre un affichage si présent qu’il en devient parfois gênant dans le feu de l’action.

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Malgré cela la campagne sera l’occasion d’apprécier une mise en scène qui fait encore recette, ainsi que des décors détaillés et réussis, portés par une réalisation graphique satisfaisante (pour peu qu’on laisse de côté les chutes de framerate – en théorie 60 fps sur les consoles next gen, mais plutôt 40-50fps dans les faits, excepté pour le multi qui se cale la plupart du temps au framerate annoncé). On notera aussi que BO3 renoue avec les nouveautés insufflées dans Advanced Warfare, en terme de déplacements. Ils conservent toute leur vivacité et donnent une liberté d’action supplémentaire au joueur en étant couplés à des niveaux plus ouverts, misant sur la verticalité.

Un mot sur la durée de vie de cette campagne solo, qui s’étale – comme à l’accoutumée – sur une petite dizaine d’heure dans les modes de difficulté élevés.

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To frag or not to frag ?

L’aventure solo ne nous laissera pas un souvenir impérissable c’est le moins qu’on puisse dire, mais heureusement, côté multi, c’est un carton plein. On appréciera le soin apporté aux 12 maps disponibles, qui en plus d’être rudement jolies, permettront de faire bon usage des nouvelles fonctionnalités de déplacement (doubles sauts, courses murales, glissades…), et de profiter d’une verticalité plaisante et rudement pratique pour prendre l’avantage sur ses adversaires. Les affrontement gagnent ainsi en dynamisme, pour des joutes sous le signe du réflexe et de la rapidité.

La customisation fait son grand retour dans Black Ops 3. Il est possible de personnaliser totalement ses armes grâce à des accessoires et camouflages déblocables petit à petit, mais aussi à l’aide d’un éditeur vous permettant de pimper vos flingues à volonté. Vous pourrez également choisir votre avatar parmi les 9 « spécialistes », ayant chacun des attributs spécifiques, et le customiser lui aussi au moyen de tenues (entre autre), là aussi déblocables au fur et à mesure des parties et de vos performances dans les différents modes de jeux.

Quid des modes de jeu justement, on retrouve les grands classiques : Match à mort par équipe, recherche et destruction, domination, pour ne citer qu’eux, mais aussi des modes plus originaux comme « Jeu d’armes » dans lequel une nouvelle arme vous sera attribuée à chaque élimination, ou « Dernier rempart » inédit à cet opus. Il faudra pour ce mode, escorter un robot vulnérable vers une zone prédéterminée en faisant face à la résistance de l’équipe adverse. Une belle variété de modes donc, de quoi s’affronter jusqu’à plus soif en multijoueur.

Enfin, vous serez certainement heureux d’apprendre qu’il est possible de jouer en local face à des bots, pratique pour continuer à s’entraîner en cas de coupure internet ou en vacances chez mamie. Par ailleurs, Black Ops 3 permet de jouer à deux en écran splitté, une fonctionnalité qui se faire rare par les temps qui courent, mais qui est pourtant bigrement sympathique pour jouer avec un pote de passage à la maison.

Femme fatale, Détective, Jazz… et Zombies

Puisqu’un Black Ops ne serait pas un Black Ops sans morts vivants, Treyarch a mis le paquet en nous offrant un mode zombies revisité façon film noir.

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Une très jolie cinématique d’introduction donnera le ton et présentera les 4 personnages jouables (Une danseuse meurtrière, un détective véreux, un magicien ruiné et enfin un boxer auquel Ron Perlman a prêté ses traits). Une belle galerie de portraits qui donnera une saveur particulière au mode zombie de BO3. D’autant que la map « Shadows of Evil » s’avère très réussie, faisant mouche grâce à son ambiance rétro et jazzy (les compositions pour ce mode sont de qualité), inspirée des meilleurs films de gangsters.

Il est vrai que la formule n’évolue que très peu, mais cette nouvelle atmosphère donne un intérêt nouveau au mode. On notera, en revanche, présence des Gobblegums, atouts permettant de conférer des capacités spéciales à son personnage, lui permettant par exemple de rester à terre plus longtemps avant de mourir, ou encore d’être ignoré des mangeurs de cervelles pendant quelques secondes.

Outre, les zombies jazzy de « Shadows of Evil », un autre mode apparaît une fois la campagne bouclée. Sobrement intitulé « Cauchemars » ce dernier reprend les différents environnement du mode solo et une partie de sa trame scénaristique, en la cuisinant à la sauce horrifique. Soyons franc, il n’y a pas de quoi crier au chef-d’œuvre, mais il est toujours plaisant de découvrir ce genre de petites surprises, dans un jeu déjà bien achalandé question contenu.

Faut-il conseiller la dernière cuvée Call of Duty ? En réalité tout dépend de ce que vous recherchez. Si ce sont les aventures solo qui vous font vibrer, fuyez, cet opus ne saurait se montrer à la hauteur de vos attentes. En revanche les amoureux de joutes multijoueurs nerveuses et intenses pourrait bien y trouver leur compte, car dans ce domaine Black Ops 3 vaut son pesant de cacahuètes, en proposant une expérience multijoueur de qualité, avec en prime un mode zombie original, plaisant à jouer entre potes.

Les Notes

Graphismes : 7/10

Scénario : 3/10

Gameplay : 7/10

Durée de vie : 8/10

Bande son : 6/10

Verdict : 6/10

Nathan

Geek dans l'âme et curieux de nature, Nathan est mordu d'Histoire avec un grand H et de Rock avec un grand R.

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