Critique de Warcraft : Le Commencement

Warcraft : Le Commencement – Le pacifique royaume d’Azeroth est au bord de la guerre alors que sa civilisation doit faire face à une redoutable race d’envahisseurs: des guerriers Orcs fuyant leur monde moribond pour en coloniser un autre. Alors qu’un portail s’ouvre pour connecter les deux mondes, une armée fait face à la destruction et l’autre à l’extinction. De côtés opposés, deux héros vont s’affronter et décider du sort de leur famille, de leur peuple et de leur patrie.

Ainsi commence une saga spectaculaire sur le pouvoir et le sens du sacrifice, dans laquelle la guerre a de nombreux visages, et tout le monde se bat pour quelque chose.

Je ne me considère pas comme un fanatique de la licence Warcraft, mais j’ai passé un sacré paquet de temps sur ces jeux. Le background est prenant et j’ai passé des nuits entières à repousser les invasions du Fléau et à escorter des animaux mécaniques dans des déserts hostiles. Je ne pense pas être le seul à garder d’excellents souvenirs de ces moments là ; et bien que je ne jous plus à « World of Warcraft », je continue à regarder les cinématiques et trailers des nouvelles extensions. L’intérêt pour la franchise est encore présent, et je dois avouer que mon cerveau s’est arrêté quelques secondes après avoir vu les premières annonces du film.
D’autant que les attentes sont assez importantes : cela fait des années qu’on attend de Blizzard un « vrai » long-métrage. Depuis le début du millénaire, le studio nous a habitué à des cinématiques magnifiques, et pouvoir en profiter pendant 90 minutes finissait par devenir un véritable fantasme.
Avec le potentiel commercial dû aux millions de joueurs de WoW (il est à noter que j’ai aperçu en salle des personnes qu’on a peu l’habitude de voir en ces lieux), Legendary Pictures aurait pu se contenter du minimum syndical – c’est ce qu’on fait dans ce genre de cas, nan ? – Pourtant, ils ont fait appel à des gars plutôt compétant : Duncan Jones (« Moon », « Source Code ») à la réalisation ; Gavin Bocquet (deuxième trilogie Star Wars) à la direction artistique ; et Bill Westenhofer (« A la croisée des mondes », « L’Odyssée de Pi ») aux effets spéciaux. Avec un budget de 160 millions de dollars et une équipe pareille, on peut s’attendre à un bon résultat, et on comprend mieux pourquoi beaucoup prient pour que Warcraft : Le Commencement soit l’élu qui brisera enfin la malédiction qui pèse sur les adaptations de jeux-vidéo depuis la nuit des temps.

 

J’espérais que le cinéphile prétentieux et amateur de whisky laisse place, pendant les 123 minutes de visionnage, au p’tit gars que j’étais, curieux et consommateur de sucre (pur, sans glaçons svp). C’est ce qu’il s’était passé avec le dernier Star Wars, et j’avoue : ça n’arrive pas assez souvent. Alors, ça a marché ? Nnnnnnnon. Enfin pas tout à fait.

 

Les orcs ont de la gueule, ouais
Les orcs ont de la gueule, ouais

On est loin des bouses du milieu (pour se marrer, citons-en un : « Mortal Kombat » ; hahaha, qu’est-ce qu’on rigole !). Les orcs ont de la gueule ; les chorégraphies de combat et les batailles sont chouettes et font échos aux cinématiques de la licence ; les décors, fidèles aux jeux, sont beaux et les joueurs s’y repèrent ; la direction d’acteur et la mise en scène sont assez maîtrisées ; le fan service est bien dosé. Duncan n’a pas violé l’univers Warcraft. Tous les enjeux des jeux-vidéo semblent présents, que ce soit la dualité particulière entre orcs et humains, les conflits internes au sein de l’alliance, la lutte sociale des murlocs au sein des communautés d’Azeroth (private joke). On se rend bien compte qu’ils ont travaillé main dans la main avec Blizzard. « Warcraft : Le Commencement » est un divertissement de bonne qualité, et à aucun moment je me suis ennuyé ou senti exaspéré. C’est important de le préciser, parce que je ne me suis toujours pas remis de la trilogie du Hobbit (par dénis, j’avais refusé d’enlever mes lunettes 3D pendant plusieurs jours, attendant la vraie projection du troisième opus qui n’est jamais venue, car il n’y a pas de vrai film pour le Hobbit, pas pour moi, jamais, berk).

Ho, une romance interraciale qui ne donne pas envie de se jeter par terre en pleurant toute les larmes de ton âme. PAS VRAI PETER ?!
Ho, une romance interraciale qui ne donne pas envie de se jeter par terre en pleurant toute les larmes de ton âme. PAS VRAI PETER ?!

Alors, qu’est-ce qui ne va pas ici ? Déjà, j’ai du mal avec le personnage de Lothar, commandant humain. Je le trouve trop plat, trop léger, pas assez mature et sérieux ; et c’est le cas de certains de ses compagnons qui ont certainement pris trop de stresam avant l’invasion des orcs. Peut-être que c’est un problème de casting et que Travis Fimmel a du mal à considérer tout ce qui n’a pas de rapport à Odin. C’est emmerdant parce qu’en cas de deuxième film, il sera encore là, et c’est un héros important de la chronologie. Seul l’apprenti mage, Khadgar, déteint de toute cette joyeuse communauté, on comprend mieux pourquoi il s’est barré du Kirin Thor. Tout ceci s’oppose à l’énorme charisme des orcs, qui semblent plus humains que les humains quand il s’agit de sentiments, de fidélité, d’amitié, d’arrachage de tripes. Du coup je me suis senti plus concerné par les intérêts de Durotan, père de Thrall, que par celui des humains, et c’est dommage, parce qu’on a deux camps (horde et alliance) ayant tous deux une importance égale dans la chrnologie Warcraft et des raisons légitimes pour se battre. Ce qui sauve l’empathie pour les orcs c’est Garona, la métisse qui a le cul entre deux chaises, et le bébé Thrall qui doit être protégé et qui sera plus tard *SPOIL* le chef de guerre de la Horde dans Warcraft III

Magic Bling Bling
Magic Bling Bling

En parlant des orcs, ils sont bien numérisés, comme la plupart des créatures. Néanmoins, on aperçoit ici et là quelques imperfections qui, sans gâcher le plaisir, rappellent qu’on est bien sur un fond vert. D’ailleurs, le fait de voir des humains en chair et en os côtoyer ces orcs de Warcraft donne un sentiment bizarre. Les paysages et décors sont très colorés, Azeroth peut être très exotique par moments et tout ce qui révèle de la magie brille de milles feus acidulés avant de tout faire péter. Je ne dirais pas que c’est un défaut, c’est un des aspects de l’univers Warcraft, mais par moment on n’est pas loin de l’effet « Space Jam ».

La bande originale, quand à elle, n’est pas mauvaise, mais elle est loin de ce que Blizzard a l’habitude de nous sortir. Les musiques de WoW en particuliers sont géniales, mais celles du film sont beaucoup moins charismatiques, d’autant qu’il ne me semble pas avoir reconnu certains leitmotivs des maps des jeux.

Enfin, je suis un peu déçu par le duel final, trop court, qui aurait pu être ultra-épique.

 

Malgré ses défauts, Warcraft : Le Commencement vaut la peine d’être vu. Pourquoi ? Parce qu’il est peut-être l’Elu (je ne suis pas légitime pour l’affirmer). Il fait partie d’une caste d’œuvres pour la plupart mauvaises, mais il s’en détache nettement. Il fallait avoir le cran de s’attaquer à une telle franchise, et Duncan Jones (qui n’en est qu’à son troisième long métrage) a bien relevé le défi. Il est dit que si ce premier opus fonctionne bien au box office, ils en produiront un second. J’espère que ce sera le cas, j’ai très envie de voir les aventures de Thrall au grand écran. En attendant, on peut toujours attendre le film Assassin’s Creed, qui devrait sortir fin 2016.

NB : Dalaran n’est pas censé être dans les airs, gnagnagna.

 

Maxence.

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